INTRODUCTION
La pandémie de
COVID-19 a profondément bouleversé les systèmes éducatifs à travers le monde, révélant les fragilités structurelles des pays face à la continuité pédagogique. Dans la sous-région Afrique, la plupart des États ont dû fermer leurs écoles, éprouvant des difficultés majeures à mettre en place un
enseignement à distance faute d’infrastructures, de matériel et de
compétences numériques.
Au cœur de ce paysage contrasté, le Burundi s’est distingué en maintenant ses écoles ouvertes, échappant à la rupture scolaire vécue ailleurs. Pourtant, cette singularité n’a pas occulté une réalité commune à l’ensemble de la région : la nécessité urgente de renforcer les compétences numériques des acteurs éducatifs pour mieux préparer l’école de demain.
C’est dans cette dynamique post-pandémique, portée collectivement par les initiatives régionales telles que le
programme APPRENDRE,
IFADEM, ou encore le
réseau KIX Afrique 21, que le Burundi s’est engagé dans un ambitieux processus de formation des superviseurs,
enseignant.e.s et cadres pédagogiques, rejoignant ainsi les efforts engagés dans de nombreux pays pour bâtir une éducation plus résiliente, inclusive et technologiquement outillée.
1. Une sous-région confrontée à un choc éducatif sans précédent
Dans de nombreux pays africains, la fermeture des écoles a provoqué une interruption brutale des apprentissages. Le manque de plateformes opérationnelles, la faible connectivité, l’inégalité d’accès aux appareils numériques et l’absence de formation des enseignant.e.s ont rendu difficile la mise en œuvre rapide d’un enseignement à distance.
Face à ces défis, certaines solutions ont été improvisées : programmes radio,
télévision éducative, cours en ligne, mais la pandémie a mis en lumière un constat partagé :
l’école n’était pas prête à basculer dans le numérique.
2. Le Burundi : une trajectoire singulière au service d’une prise de conscience
À l’inverse de ses voisins, le Burundi n’a pas fermé ses écoles durant la pandémie. Si cette continuité a permis d’éviter l’interruption scolaire, elle a aussi modéré l’urgence d’un virage numérique immédiat. Ce n’est qu’après la crise que le pays a pleinement réalisé l’importance de renforcer les compétences technologiques de ses acteurs éducatifs, non pas en réaction à une fermeture, mais pour anticiper les transformations pédagogiques à venir. Ainsi, le Burundi s’est engagé dans une démarche structurée visant à moderniser les pratiques pédagogiques et à doter les enseignants comme les encadrants des compétences numériques nécessaires à une école résiliente et adaptée aux défis du XXIᵉ siècle.
3. Une dynamique régionale soutenue par des programmes internationaux
Dans l’après-COVID, plusieurs États de la région se sont engagés dans des programmes de renforcement des capacités. Ces initiatives ont permis de mutualiser les expériences, de partager les innovations et d’accompagner les pays dans la construction d’une vision commune : une école capable de former et de faire apprendre en présence, à distance et en mode hybride.
4. Le virage numérique du Burundi
Dans ce contexte régional que le Burundi s'est engagé dans un vaste chantier de professionnalisation numérique, par le biais de ses partenaires: formation des superviseurs, conseillers pédagogiques, des enseignant.e.s, dotation en équipements numériques, ...
Les ateliers ont mis en lumière la nécessité d’une approche inclusive du numérique : la faible représentation féminine dans les formations rappelle l’importance d’encourager la participation des femmes et des jeunes enseignantes dans les initiatives technologiques.
5. Une vision régionale pour l’avenir de l’éducation
L’expérience partagée entre les pays de la sous-région montre que :
Le Burundi, même sans fermeture des écoles, s’inscrit désormais dans cette dynamique régionale :
- professionnaliser les enseignant.e.s,
- rendre les apprentissages plus flexibles,
- sécuriser la continuité pédagogique dans toute situation,
- réduire les inégalités, notamment de genre, dans l’accès au numérique.
Conclusion
La pandémie de COVID-19 a agi comme un révélateur des vulnérabilités mais aussi des opportunités de transformation éducative dans toute la sous-région. Si les approches diffèrent d’un pays à l’autre, un besoin partagé s’impose : bâtir une école capable d’assurer la continuité des apprentissages, accessible à toutes et à tous, et appuyée par le numérique.
Le Burundi, bien que n’ayant pas vécu la fermeture des écoles, s’inscrit pleinement dans ce mouvement. En renforçant les capacités de ses encadrants, en se dotant des équipements nécessaires pour assurer une innovation technopédagogique pérenne. Il pose les bases d’une transformation durable.
Plus qu’une réponse à la crise, c’est une démarche tournée vers l’avenir : une vision d’une éducation plus résiliente, plus inclusive et mieux armée pour faire face aux défis futurs. La coopération régionale et le partage d’expériences deviennent ainsi des leviers essentiels pour construire l’école africaine de demain.
Dr Sandrine Nyebe Atangana
Chercheure en sciences de l'éducation
Consultante en ingénierie pédagogique et ingénierie de formation,
gouvernance des systèmes éducatifs
Problématique du genre
Fondatrice de REVEIL-ASSO
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